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22 juillet 2006

Un idéal de gauche pour la France d'aujourd'hui

« Soyez réalistes, exigez l’impossible » Che Guevara

Gauche ou Droite : quelles raisons d’être ?

Dans un univers politique où gauche et droite convergent de plus en plus, où la pensée unique et le pragmatisme économiste écrasent tout sur leur passage, il est primordial de ce se reposer cette question et d'y apporter des réponses simples et claires.

Etre de gauche, c’est ne pas se satisfaire de la réalité sociale existante. C’est chercher à améliorer la société au bénéfice des plus faibles. C’est corriger ses déséquilibres, c’est lutter contre les privilèges et c’est enfin placer l’homme et son bien-être, au centre du projet politique national.

Par opposition, être de droite, c’est de prôner le réalisme pour conserver les règles et les réalités existantes. C’est encourager les liens sociaux familiaux et proches au détriment des liens sociaux nationaux et républicains. C’est libérer les forces en place pour dynamiser l’économie. C’est encourager les forts à être encore plus forts et encourager les faibles à imiter les forts.

Ces tentatives de définitions, de l’essence des mouvements de gauche et de droite, se veulent absolues (éternelles et universelles), c’est à dire non-liées à une réalité spacio-temporelle particulière ( ie d’un pays donné à un moment donné).

Elles ont vocation à être interprétées en fonction de l’époque, des conditions économiques et sociales du pays considéré et de son environnement pour être reformulées en idéal politique.

A chaque pays et à chaque période son idéal de gauche

Cet idéal, c’est la direction vers laquelle doivent tendre les propositions et idées politiques concrètes que proposent les homme politiques et pour lesquels ils se battent et cherchent des solutions concrètes.

Chaque pays et chaque époque ont leurs propres idéaux de gauche, pertinents pour les besoins de la société concernée et envisageables au regard des réalités de l’époque.

Un idéal politique de Gauche en France à la fin du XIXe siècle, c’est ce battre par exemple pour les droits des ouvriers (heures travaillées, jour de congé hebdomadaire), contre le travail des enfants, pour l’alphabétisation des campagnes. Etre de gauche aux Etats-Unis dans les années 60, c’est se battre contre la discrimination des noirs, pour la liberté sexuelle et l'avortement, pour la mise en place de systèmes de santé publique.

Les idéaux de gauche en vigueur en France aujourd’hui sont ceux hérités de l’après-guerre : Distribuer davantage les richesses au bénéfice des couches défavorisées, protéger généreusement les travailleurs, faire prendre en charge par la société les risques de la vie (vieillesse, chômage…).

Même si les ténors du PS s’y accrochent avec toute l’énergie du désespoir, ces idéaux-là sont en sérieuse voie de péremption.

Les outils fiscaux, salariaux et juridiques qu’ils ont générés coûtent de plus en plus cher à la collectivité et génèrent des déficits publics et sociaux et une rigidité du marché de l’emploi qui nuisent à la compétitivité du pays. Sans pour autant générer une satisfaction sociale et un sentiment de bien-être collectif palpable. Il est donc grand temps de les questionner.


De la nécessité aujourd'hui d’un idéal de gauche rénové

Cet idéal est d’autant plus nécessaire et urgent aujourd’hui, que son prédécesseur ne fait plus rêver personne et que la société tend à s’éloigner des valeurs fondamentales de la gauche, au grand désespoir des faibles, des marginaux, des laissés-pour-compte, des discriminés et des idéalistes qui craignent pour leur avenir et voient leurs chances de réussir reculer jour après jour.


- L’ascenseur social ne fonctionne pas.
- Le chômage de longue durée est quant à lui, bel et bien là, depuis deux décennies.
- La législation sociale très protectrice et restrictive ne rassure pas les employés.
- Le système des retraites est menacé.
- L’enseignement public n’est pas performant. Celui de la santé se lézarde.
- Des quartiers périphériques concentrent des minorités ethniques qui oscillent entre discrimination et désintégration.
- L’écart entre les salaires ne cesse de croître.
- Au nom de la compétitivité nationale dans une économie mondiale globalisée, le capitalisme se débride.


Quelle espérance de gauche pour aujourd’hui ?

1. Un état performant et conquérant au service du bien-être collectif


Depuis 25 ans en France, le périmètre de l'Etat recule, au rythme des privatisations (des banques, des grandes industries nationales, des autoroutes, des aéroports), des assauts constants du secteur privé (qui gagne du terrain dans l’enseignement et la santé), et de l’ouverture de marchés jadis réservés à des grands monopoles publics (téléphone, électricité, gaz, eau, propreté, poste).

Cette évolution est liée d’une part à des tendances réglementaires qui dépassent le cadre national (Union européenne, OMC) et sur lesquelles il est difficile de faire marche arrière en solo, et d’autre part à la non-performance de l’Etat : inéfficace et déficitaire


Une espérance de gauche, c’est restaurer à tout prix l’efficacité et la performance de l’état sur ses prérogatives fondamentales (éducation, santé, protection sociale, sécurité, grandes infrastructures). « Un état plus performant pour cesser le toujours-moins d’état ». C’est donc généraliser la culture d’efficacité dans le secteur public, c’est réformer le fonctionnariat et ses complexités pour converger vers le modèle (qui marche) du privé. C’est instaurer de la concurrence entre les établissements publics (Lycées, Hopitaux). C’est encourager davantage les établissements ou les fonctionnaires les plus performants et utiliser les gains de productivité pour traiter les zones à problèmes ou les crises conjoncturelles. C’est faire la chasse aux déficits de tout genre. C’est instaurer la sélection à l’entrée des universités. C'est viser l'excellence en matière d'éducation, de santé publique, d'infrastructures, d'urbanisation...

Pour que l’avenir soit comme nous l’espérons, l’état doit être performant sur ses missions pour le plus grand bénéfice de la collectivité.

2. Une société qui consacre ses ressources à lutter efficacement contre les inégalités réelles


La république française obsédée par cette notion d'égalité qui lui consubstantielle, tolère des inégalités importantes, durables et croissantes ! La société a changé. On ne peut pas promouvoir l’égalité aujourd’hui comme on le faisait il y a 50 ans.

Exemple : dans les grandes écoles publiques (X, ENA…), l’égalité était assurée par un concours identique et anonyme pour tous les enfants de la république (par définition plus égalitaire qu’un « intégration sur dossier » propice aux clientélismes, pistons et autres iniquités).

Aujourd’hui, les statistiques prouvent que le système de concours universel génère un recrutement non-démocratique (peu de fils d’ouvrier dans les amphis de l’X) et réservé à une élite sociale qui peut se permettre de financer les études de ses enfants dans les meilleurs collèges et lycées privées avant de multiplier leurs chances en prépa avec des cours particuliers très onéreux.

La discrimination positive courageusement engagée par science-po ou le système de soutien scolaire aux lycées des zones défavorisés mis en place par l’ESSEC prennent en compte les inégalités réelles observées, créent des entorses à l’égalité (théorique) de tous devant les concours pour regénérer de l’égalité sociale dans les amphis de leur enceinte puis à la sortie de l'école.

Le système de carte scolaire a été mis en place au nom de la mixité sociale dans les établissements publics d'enseignement. Or, la mixité sociale étant très relative dans les quartiers résidentiels et autour des bons collèges et lycées, ce système est profondément injuste et responsable de la perpétuation d'une inégalité sociale insupportable.

Le système de subvention de l'état aux établissements privés d'enseignement est un scandale absolu (qui coûte plus de 7 Milliards d'EUR par an à la collectivité) et une pratique honteusement anti-républicaine, lorsque l'on voit l'état de certains collèges de banlieue. Les établissements publics étant ouverts à tous, l'Etat ne doit pas investir un centime dans une école privé tant que le système éducatif public n'est pas parfait.

Un bac "égalitaire" généreusement offert à quasi-tous, une université pauvre et "égalitaire" ouverte sans condition à tous les bacheliers, ce sont des illusions d'égalité républicaine qui entretiennent pour quelque année l'illusion d'une équité sociale jusqu' à ce que le marché de l'emploi se charge de restaurer la triste réalité, par les difficultés chroniques des jeunes à rentrer sur le marché du travail.

Face à cela, des grandes écoles socialement sélectives, généreusement financés par l'état, perpétuent la domination d'une élite, sans brassage et sans renouvellement. Des Business schools semi-privées au frais de scolarité discriminants (HEC, ESSEC...) voient même l'état financer généreusement les classes préparatoires de 5 000 étudiants chaque année !!!

Au nom de l'égalité du concours, que d'inégalités réelles sont tolérées, regénérée et financées par l'état.

Une politique de gauche rénovée est une politique qui lutte contre les inégalités réelles au lieu de préserver couteusement des égalités théoriques.


3. La France nous protégera mieux en facilitant notre accès aux ressources sociales

Les systèmes de protection mis en place après-guerre protégent ceux qui ont, aux détriments de ceux qui n’ont pas :

Lorsque vous avez un CDI, votre employeur peut difficilement se séparer de vous même si sa situation économique l’incite à le faire. Résultat, il n’embauchera pas d’autres CDI en période de prospérité de crainte de payer cher sa générosité sociale en période de crise. Le système de protection de l’emploi protège les employés au détriment de l’emploi dans le pays et des chômeurs.

Lorsque vous louez un logement, votre propriétaire peut difficilement vous mettre à la porte, même si vous ne payez pas vos loyers. Résultat, les propriétaires relèvent considérablement leurs exigences de départ aux détriments de larges couches de la population qui ne peuvent pas apporter les ressources et les garanties demandées . Et voici un système de protection qui agresse de demandeurs de logement.

Il est plus grave et plus injuste de vivre dans une société qui ne vous emploie pas, ne vous loge pas et vous bouche tous les horizons en vous donnant quelques miettes pour survivre, plutôt que de vivre dans une société où vous perdez logement ou travail pour en retrouver facilement avec un Etat qui vous aide à le faire dans les meilleures conditions.


Une politique de gauche rénovée se préoccupe d’abord de multiplier et de faciliter les opportunités d’emploi et de logement avant de protéger ceux qui disposent déjà de ces ressources.

Il y a en France en matière de protection, une catégorie de la population, qui est manifestement surprotégée, une injustice flagrante qui mine la crédibilité de la devise républicaine et donc la moralité de l'Etat : le statut des fonctionnaires qui représentent près de 30% de la population active. 6 millions d'employés qui ne connaissent pas l'insécurité de l'emploi et qui côtisent 38 ans pour leur retraites (soit deux ans de moins que le salarié du privé de plus en plus soumis aux aléas de la vie économique et à ses impératifs très stricts de productivité). Comment l'état garant de l'égalité de ces citoyens peut-il s'offrir le luxe de financer à grand frais une inégalité de plus en plus insupportable ? La gauche ne peut pas ne pas proposer de solution à ce problème, quelque soit sa clientèle électorale. Il en va de sa crédibilité et de sa capacité à réformer le pays.

4. Bien choisir qui finance la collectivité

Le système actuel des prélevements publics (fiscalités + charges sociales) est profondément marqué par une lecture marxiste dépassée de l'économie et des rapports sociaux.

La société était conçue comme le théâtre d'une lutte entre des capitalistes exploiteurs et des travailleurs exploités.

L'Etat utilisait le nécessaire financement de la collectivité pour rééquilibrer le rapport de force en ponctionnant largement les bénéfices des entreprises et en les re-taxant avec des charges patronales ; l'autre contributeur majeur étant les classes laborieuses, bourgeoises moyennes et supérieures.

S'il parait essentiel de maintenir la logique redistibutive (des riches plus taxés pour soutenir les pauvres) au nom de la solidarité nationale, la réalité économique a bien changé. Le travail est dans la société d'aujourd'hui une bénédiction à encourager plutôt qu'un exploitation à punir. Il est donc critique de revisiter le financement de la collectivité sans a priori idéologique anti-patronal de type marxiste mais avec les principes de bon sens qui suivent :

Doivent contribuer au système l'ensemble des acteurs qui nuisent à la collectivité (pollution, cigarette, armes...) et ceux qui profitent de la richesse générée par le service public : les citoyens qui ont accès à un enseignement et à un système de santé publique / les entreprises locales qui utilisent des infrastructures publiques et l'ensemble des entreprises qui écoulent des produits sur le marché local (profitant de la richesse sociale et du pouvoir d'achat générés par la collectivité).

Il parait aujourd'hui absurde qu'un produit Chinois vendu en France, qui bénéficie du pouvoir d'achat d'une population éduquée et soignée par la collectivité Française, le soit dans les mêmes conditions (douanières) qu'un produit Français dont la fabrication nourrit des Français et finance la collectivité. Le libre-échange étant devenu un dogme indiscutable des temps modernes, il faut au moins diminuer les charges et les impôts sur l'entreprise installée localement pour taxer le prix des biens vendus (TVA revue à la hausse comme en Allemagne).

5. La vision de la France : le pays où il fait bon vivre et travailler.

Une politique socialiste doit ouvrer à construire une France où la qualité de vie est exceptionnelle, une France où le niveau de formation est très élévé, où la vie économique est orientée vers des marchés porteurs, une société solidaire et juste qui combat les inégalités en son sein en donnant les mêmes chances à tous en début de vie et en accompagnant le plus efficacement possible les accidents de la vie. Une France qui encourage l'emploi, l'innovation et qui prend soin de son environnement. Une France qui profite de sa géographie exceptionnelle pour attirer tous ceux qui veulent vivre agréablement et travailler efficacement en leur offrant des prestations sociales uniques au monde !

Voila mon idéal de gauche pour ma France que j'aime !

La photographie intitulée "Dying Rose" est signée Chris de http://www.projekt1design.com


CRYZALID, critiques optimistes / 11 Août 2006
http://cryzalid.blogspot.com







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